Bois de construction : guide complet pour choisir le bon matériau
Le bois de construction reste l'un des matériaux les plus polyvalents et les plus utilisés dans le secteur du bâtiment.
Structure porteuse, ossature bois, charpente, plancher, toiture, bardage de façade : chaque usage implique un choix précis d'essence, de section et de classe de résistance. Ce guide vous donne les clés pour sélectionner le bon bois selon votre chantier.
Pourquoi choisir le bois comme matériau de construction ?
Le bois est un matériau vivant, renouvelable et doté d'une excellente résistance mécanique rapportée à son poids. À titre de comparaison, un poteau en épicéa C24 supporte des charges similaires à celles d'un profilé métallique équivalent, pour une masse nettement inférieure. Ce rapport résistance/légèreté en fait un élément incontournable de la construction moderne.
En France, la filière bois représente plus de 400 000 emplois et connaît une croissance soutenue portée par les exigences environnementales (RE2020) et la demande de maisons à ossature bois. Le bois stocke en moyenne 0,9 tonne de CO₂ par mètre cube, ce qui en fait un matériau à bilan carbone négatif en phase de chantier.
À retenir : Le bois de construction est classé selon des normes européennes strictes (EN 338 pour le bois massif, EN 636 pour les panneaux contreplaqués). Ces codes de classement garantissent des propriétés mécaniques vérifiées et reproductibles.
Les principales utilisations du bois en construction
Charpente traditionnelle et charpente industrielle
La charpente est l'application la plus ancienne du bois dans la construction. Les fermes de toiture, pannes, arbalétriers et chevrons sont taillés dans des bois massifs résineux (sapin, épicéa, pin) ou en lamellé-collé pour les grandes portées. Une charpente industrielle en fermettes utilise généralement du C16 ou C24 en sections de 45 × 145 mm ou 45 × 195 mm selon les portées.
La charpente en lamellé-collé (GL24h, GL28h) permet d'atteindre des portées de 20 à 40 mètres sans appui intermédiaire. Elle est très utilisée dans les bâtiments agricoles, industriels et les équipements publics.
Ossature bois pour les murs
La construction à ossature bois (COB) connaît une progression de plus de 8 % par an en France. Les montants de l'ossature sont généralement en résineux C24, section 45 × 145 mm ou 45 × 195 mm, espacés de 40 à 60 cm. Ce système constructif permet d'intégrer facilement l'isolation thermique entre les éléments de structure.
Une ossature bois bien conçue offre une résistance sismique et une isolation thermique supérieures à la maçonnerie traditionnelle dans de nombreuses configurations. Les panneaux de contreventement (OSB ou contreplaqué structurel) viennent rigidifier l'ensemble de la structure.
Plancher bois
Le plancher en bois peut être réalisé en solivage traditionnel ou en poutres composites. Les solives en résineux sont couramment utilisées en sections de 63 × 175 mm à 63 × 235 mm selon la portée et la charge. Pour un plancher résidentiel courant, on retient généralement une charge d'exploitation de 150 à 250 kg/m².
Les panneaux de plancher (OSB 3, contreplaqué CTB-X ou panneaux de particules P5) viennent recouvrir les solives pour former un niveau rigide et continu. L'épaisseur minimale recommandée est de 18 mm pour un support de sol, souvent portée à 22 mm en milieu humide.
Toiture et couverture
Les éléments de toiture en bois (chevrons, pannes, liernes) sont dimensionnés en fonction de la pente, de la zone climatique et de la charge de neige. En zone de montagne (zone C selon les Eurocodes), les sections sont nettement plus importantes qu'en plaine. Les panneaux de sarking en fibre de bois ou en OSB sont également des éléments de toiture structurels très utilisés.
Façade et bardage
Le revêtement de façade en bois (bardage) assure à la fois la protection de l'enveloppe du bâtiment et son esthétique. Les essences utilisées pour la façade sont choisies pour leur durabilité naturelle : mélèze (classe d'emploi 3), douglas, robinier, ou bois traités en autoclave. Le choix de l'essence et du profil de bardage est déterminant pour la durée de vie de la façade.
Les principales essences de bois de construction
| Essence | Usage principal | Classe de résistance | Classe d'emploi naturelle | Points forts |
| Épicéa / Sapin (résineux) | Charpente, ossature, plancher | C16 à C24 | 1 (intérieur sec) | Bon rapport résistance/prix, léger |
| Pin sylvestre traité | Ossature, structure exposée | C24 | 3 (après traitement) | Durabilité améliorée par traitement autoclave |
| Douglas | Charpente, bardage, façade | C24 à C30 | 3 (naturellement) | Résistance naturelle aux agents biologiques |
| Mélèze | Façade, bardage extérieur | C24 | 3 à 4 | Excellente durabilité naturelle, belle patine |
| Chêne | Structure, plancher, menuiserie | D30 à D50 | 3 à 4 | Très haute résistance mécanique |
| Lamellé-collé (GL) | Grandes portées, bâtiments industriels | GL24h à GL32h | Variable selon finition | Portées importantes, forme sur mesure |
Les panneaux dérivés du bois : OSB, contreplaqué, panneau de particules
Les panneaux à base de bois jouent un rôle structurel essentiel dans la construction moderne. Ils servent à la fois de contreventement, de support de plancher, d'écran de toiture ou de voile travaillant dans une ossature.
L'OSB (Oriented Strand Board)
L'OSB est le panneau le plus utilisé en construction à ossature bois. En classe OSB 3, il résiste à l'humidité et peut être utilisé en conditions humides (classe de service 2). Les épaisseurs courantes vont de 12 à 25 mm selon l'usage. Un panneau OSB 3 de 15 mm suffit pour le contreventement d'une ossature murale standard.
Le contreplaqué structurel (CTB-X)
Le contreplaqué CTB-X est reconnu pour sa résistance mécanique élevée et sa stabilité dimensionnelle. Il est utilisé en voile de contreventement, en fond de caisson de plancher et en coffrages réutilisables. Sa résistance à l'arrachement des fixations est supérieure à celle de l'OSB, ce qui en fait un matériau prisé pour les zones de forte sollicitation mécanique.
Les panneaux de particules et MDF
Ces panneaux sont généralement réservés aux usages non structurels (aménagement intérieur, meubles) sauf en version P5 (résistante à l'humidité) pour certains supports de plancher. Ils ne se substituent pas à l'OSB ou au contreplaqué dans un rôle structurel.
Les classes de résistance et normes à connaître
En Europe, le classement des bois de structure est encadré par la norme EN 338. Les codes C (résineux) et D (feuillus) désignent la résistance caractéristique à la flexion en MPa. Les valeurs courantes sont :
● C16 : résistance à la flexion de 16 MPa — usage courant en charpente légère
● C24 : résistance à la flexion de 24 MPa — standard en ossature bois et charpente industrielle
● C30 : résistance à la flexion de 30 MPa — charpente à portées moyennes
● GL24h : lamellé-collé homogène, résistance 24 MPa — grandes portées
● GL28h / GL32h : performances élevées pour structures très sollicitées
Le code CE apposé sur les bois de structure garantit la conformité à la norme EN 14081 (bois massif) ou EN 14080 (lamellé-collé). Un bois sans marquage CE ne peut légalement pas être utilisé en élément porteur sur un chantier soumis à permis de construire en France.
Conseil pro : Vérifiez toujours le marquage CE et la classe de résistance sur chaque pièce ou lot de bois avant approvisionnement. Un bois C16 livré à la place d'un C24 peut entraîner un sous-dimensionnement structural et une non-conformité réglementaire.
Comment bien dimensionner votre bois de construction ?
Le dimensionnement des éléments en bois repose sur les Eurocodes, et plus précisément l'Eurocode 5 (EN 1995) qui régit la conception des structures en bois. Les paramètres clés sont :
● La portée libre entre appuis
● Les charges permanentes et variables (neige, vent, surcharges d'exploitation)
● La classe de service (humidité ambiante)
● L'espacement entre éléments (solives, montants d'ossature)
● L'essence et la classe de résistance du bois retenu
Pour un usage courant en ossature bois, les sections les plus courantes restent le 45 × 145 mm (mur extérieur standard) et le 45 × 195 mm (mur renforcé ou plancher). Ces sections permettent d'intégrer respectivement 140 mm et 190 mm d'isolant en laine minérale ou fibre de bois.
Bois traité ou bois naturel : quel choix selon l'usage ?
Le choix entre un bois naturellement durable et un bois traité dépend directement de la classe d'emploi définie par la norme EN 335 :
● Classe 1 : bois en intérieur sec → sapin/épicéa non traité suffit
● Classe 2 : bois en intérieur humide ou abrité → pin traité classe 2 ou douglas naturel
● Classe 3 : bois exposé aux intempéries sans contact sol → mélèze, douglas, pin traité classe 3
● Classe 4 : bois en contact avec le sol ou l'eau douce → pin traité autoclave classe 4 obligatoire
Le traitement autoclave (imprégnation sous pression) est le procédé le plus répandu en France pour les bois destinés à l'extérieur. Les produits utilisés sont certifiés et conformes à la réglementation biocide européenne.
Approvisionner son bois de construction : les critères à vérifier
Pour un chantier de construction, l'approvisionnement en bois doit garantir :
● La traçabilité de l'essence (certification PEFC ou FSC recommandée)
● Le marquage CE sur les pièces structurelles
● L'humidité du bois : le bois de structure doit être livré à un taux d'humidité ≤ 19 % (bois sec de service)
● La rectitude des pièces : une flèche supérieure à 1/200 de la longueur est rédhibitoire pour un usage structurel
● La section exacte commandée : des tolérances de ± 1 mm en section sont admises selon la norme EN 336
Pour les professionnels du bâtiment comme pour les bricoleurs avertis, il est préférable de s'approvisionner auprès d'un distributeur spécialisé qui garantit la qualité des lots et la conformité normative. Vous pouvez découvrir une large gamme de bois de construction disponibles dans les magasins Barillet disponibles en stock pour répondre aux besoins des professionnels et des particuliers exigeants.
Questions fréquentes sur le bois de construction
Quelle différence entre timber, lumber et wood ?
Ces termes anglais désignent tous le bois mais dans des contextes différents. Wood est le terme générique (le matériau bois). Timber désigne le bois de structure ou d'œuvre, généralement en sections importantes. Lumber est le terme nord-américain pour le bois scié prêt à l'emploi, équivalent au bois de charpente français. Ces distinctions sont importantes lors de l'importation ou de la lecture de documentations techniques internationales.
Peut-on utiliser du bois en construction parasismique ?
Oui. Le bois à ossature est l'un des systèmes constructifs les plus performants en zone sismique. Sa légèreté réduit les forces d'inertie et sa ductilité absorbe l'énergie sismique. Les règles de construction parasismique (AFPS, Eurocode 8) intègrent des prescriptions spécifiques pour les structures en bois.
Quelle est la durée de vie d'une structure en bois ?
Une charpente en bois correctement protégée (classe d'emploi respectée, ventilation assurée) peut durer plus de 100 ans. De nombreuses maisons à colombages du XVIème siècle en témoignent. La durabilité dépend avant tout de la maîtrise de l'humidité, premier ennemi du bois en œuvre.
Récapitulatif : choisir son bois de construction en 5 points
● Identifier l'usage précis : charpente, ossature, plancher, toiture, façade ou revêtement
● Définir la classe d'emploi selon l'exposition à l'humidité (EN 335)
● Choisir l'essence et la classe de résistance adaptées (EN 338)
● Vérifier la présence du marquage CE sur les éléments structurels
● S'approvisionner auprès d'un distributeur garantissant la traçabilité et la conformité des lots
Le bois de construction est un matériau technique qui demande une sélection rigoureuse. Bien choisi et bien mis en œuvre, il offre des performances mécaniques, thermiques et environnementales difficiles à égaler par d'autres matériaux de construction.