Refaire l'électricité d'une maison soi-même : la liste complète du matériel pour 100 m²

Oui, un particulier peut refaire lui-même l'électricité de sa maison, à condition de suivre la norme NF C 15-100 et, en cas de rénovation totale avec coupure du réseau, d'obtenir l'attestation du Consuel avant la remise sous tension. Pour une maison de 100 m², comptez en général 16 à 20 circuits, trois interrupteurs différentiels 30 mA et 350 à 500 mètres de câble, détaillés dans le tableau ci-dessous. Reste à savoir par où commencer, combien de prises prévoir dans chaque pièce, quel tableau choisir et quel budget réserver au matériel. Ce guide reprend chaque étape dans l'ordre du chantier, de l'état des lieux de l'installation existante jusqu'à la mise en service, avec les quantités à commander poste par poste.

Le matériel pour une maison de 100 m² en un coup d'œil

Poste Quantité indicative Repère technique
Tableau électrique 1 tableau de 3 à 4 rangées de 13 modules 20 % d'emplacements libres
Interrupteurs différentiels 30 mA 3, dont au moins 1 de type A 8 circuits au maximum par différentiel
Disjoncteurs divisionnaires 16 à 20 2, 16, 20 et 32 A
Câble 1,5 mm² 200 à 250 m Éclairage, volets, prises en 16 A
Câble 2,5 mm² 150 à 250 m Prises en 20 A, circuits spécialisés, chauffage
Câble 6 mm² 10 à 20 m Plaque de cuisson en 32 A
Boîtes d'encastrement 70 à 90 Diamètre 67 mm, boîtes DCL pour l'éclairage
Prises de courant 16 A 35 à 40 Selon le nombre de pièces
Interrupteurs et poussoirs 20 à 25 Simple allumage, va-et-vient, poussoirs
Points lumineux 16 à 20 8 au maximum par circuit
Prises RJ45 4 au minimum Câble de catégorie 6
GTL et coffret de communication 1 Obligatoires en rénovation totale

Peut-on refaire l'électricité de sa maison soi-même ?

Aucun texte n'impose de passer par un électricien pour travailler sur l'installation de son propre logement. L'obligation porte sur le résultat : l'installation doit respecter la NF C 15-100, et le Consuel le vérifie lorsque son attestation est exigée.

Les travaux électriques autorisés à un particulier

Tout ce qui se trouve en aval du disjoncteur de branchement fait partie de votre installation privée : tableau de répartition, circuits, prises, interrupteurs, points lumineux, liaison à la terre. Vous pouvez donc déposer l'ancienne installation, tirer de nouveaux câbles, monter et câbler vous-même votre tableau.

L'économie est réelle, puisque la main-d'œuvre pèse bien plus lourd que les fournitures dans un devis d'électricien. En contrepartie, vous devez réunir le matériel vous-même, et une rénovation complète en mobilise plusieurs dizaines de références : tableau, protections, câbles de trois sections différentes, gaines, boîtes, appareillage. Pour éviter les allers-retours et les mélanges de gammes incompatibles, dressez la liste pièce par pièce à partir de votre plan, puis commandez le matériel électrique pour toute la maison en une seule fois, en vérifiant que chaque référence correspond aux calibres et aux sections exigés par la norme.

Consuel en rénovation : quand l'attestation est obligatoire

L'attestation de conformité visée par le Consuel est exigée lorsqu'une rénovation totale a nécessité une mise hors tension de l'installation par le gestionnaire du réseau, à la demande du client. C'est le cas si vous faites couper le branchement pour remplacer l'ensemble des circuits et le tableau. Sans ce document, le courant n'est pas rétabli.

Une rénovation partielle menée sans coupure du réseau, comme le remplacement de prises ou l'ajout d'un circuit, n'y est pas soumise. Rien ne vous empêche toutefois de demander une vérification volontaire, un document utile au moment de vendre ou de louer. Lorsque les travaux ont été réalisés par le propriétaire, attendez-vous à une visite du contrôleur : préparez un schéma à jour et un tableau repéré.

Compteur et disjoncteur de branchement : la partie réservée au distributeur

Le compteur, le disjoncteur de branchement (celui qui est réglé selon la puissance de votre abonnement) et tout ce qui se trouve en amont appartiennent au réseau public. Vous n'y touchez pas. Une augmentation de puissance, un passage en triphasé ou un déplacement du compteur se demandent au gestionnaire du réseau, par l'intermédiaire de votre fournisseur d'électricité. Le disjoncteur de branchement sert en revanche d'interrupteur général : c'est lui que vous coupez avant toute intervention.

Rénovation électrique d'une maison ancienne : faut-il tout refaire ?

Une installation qui a plusieurs décennies n'est pas forcément dangereuse, mais elle a rarement été dimensionnée pour le nombre d'appareils d'aujourd'hui. Avant de tout arracher, faites un état des lieux complet, tableau ouvert et prises démontées.

Les signes d'une installation électrique à refaire entièrement

  • Absence de terre : prises à deux trous, pas de barrette de terre au tableau, pas de conducteur vert et jaune.
  • Pas de différentiel 30 mA : seul le disjoncteur de branchement protège l'installation, avec une sensibilité insuffisante pour protéger les personnes.
  • Fusibles à broche ou à tabatière à la place des disjoncteurs.
  • Conducteurs gainés de tissu, fils sous baguettes en bois ou noyés directement dans le plâtre sans conduit.
  • Multiprises en cascade faute de prises, disjoncteur qui saute dès que deux appareils de chauffe fonctionnent ensemble.
  • Traces d'échauffement : prise noircie, odeur de brûlé, interrupteur tiède au toucher.

Deux de ces signes réunis justifient en général une rénovation complète. Si vous venez d'acheter, relisez le diagnostic électrique remis à la vente : il liste les anomalies relevées et vous donne une base de travail.

Rénovation électrique partielle ou totale

La rénovation partielle conserve le tableau et une partie des circuits, et reprend les points faibles : ajout de différentiels, mise à la terre, remplacement des prises et des interrupteurs. Elle convient quand les câbles sont récents, de bonne section et protégés par des conduits.

La rénovation totale repart de zéro : dépose, nouveau tableau, nouveaux circuits. Dans une maison des années 60 ou 70, elle se révèle souvent plus simple que le rafistolage, car la terre, les sections et le nombre de circuits sont rarement à niveau. Si vous refaites aussi l'isolation, les cloisons ou les sols, groupez les chantiers : c'est le moment où les câbles se passent le plus facilement.

Schéma et plan d'installation électrique d'une maison

Le plan est l'étape la plus négligée, et c'est pourtant elle qui fait gagner le plus de temps. Il sert à chiffrer le matériel, à organiser le tableau, à repérer les circuits, et il vous servira pour le dossier de conformité.

Dessiner le plan électrique pièce par pièce

Partez d'un plan à l'échelle de chaque niveau. Placez d'abord les meubles (lit, canapé, plan de travail, télévision, bureau), puis les points électriques autour : prises, interrupteurs, points lumineux, prises RJ45, sorties de câble pour les radiateurs. Utilisez les symboles normalisés que l'on retrouve dans tous les schémas d'installation électrique en PDF diffusés par les fabricants de matériel.

Numérotez ensuite chaque point et affectez-le à un circuit. Regroupez les points d'un même circuit dans une même zone de la maison, ne dépassez jamais le nombre de points autorisé par circuit, et donnez à chaque appareil gourmand son propre circuit.

Schéma type des circuits pour une maison de 100 m²

Circuit Nombre Section Disjoncteur
Éclairage (8 points au maximum) 2 à 3 1,5 mm² 16 A
Prises de courant 3 à 4 1,5 mm² ou 2,5 mm² 16 A (8 prises) ou 20 A (12 prises)
Prises de la cuisine 1 2,5 mm² 20 A
Plaque de cuisson 1 6 mm² 32 A
Four, lave-linge, lave-vaisselle 1 chacun 2,5 mm² 20 A
Sèche-linge ou congélateur 1 à 2 2,5 mm² 20 A
Chauffe-eau, avec contacteur jour et nuit 1 2,5 mm² 20 A
Chauffage électrique 1 par tranche de 4 500 W 2,5 mm² 20 A
Volets roulants 1 1,5 mm² 16 A
VMC 1 1,5 mm² 2 A
Coffret de communication 1 1,5 mm² 16 A
Garage et extérieur 1 2,5 mm² 20 A

Une maison de 100 m² sans chauffage électrique tourne autour de 16 circuits, et atteint 20 circuits ou davantage avec des radiateurs.

Norme NF C 15-100 : nombre de prises et de circuits par pièce

La NF C 15-100 fixe un équipement minimum pour chaque pièce. En rénovation totale, ce sont ces règles que vous appliquez à toute la maison. En rénovation partielle, seules les parties refaites doivent y répondre.

Séjour et chambres

Le séjour reçoit une prise par tranche de 4 m², avec un minimum de 5 prises, et 7 au moins au-delà de 28 m². Prévoyez un groupe de prises et deux prises RJ45 à l'emplacement de la télévision. Chaque chambre compte au moins 3 prises, idéalement une de chaque côté du lit et une près du bureau, ainsi qu'une prise RJ45.

Chaque pièce dispose d'au moins un point lumineux commandé, équipé d'une boîte DCL au plafond ou au mur. Placez l'axe des prises 16 A à 5 cm au moins du sol. Pour les interrupteurs, une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m reste la bonne référence, c'est celle qui est imposée dans le neuf.

Cuisine et circuits spécialisés

Une cuisine de plus de 4 m² compte au moins 6 prises, dont 4 réparties au-dessus du plan de travail, sur un circuit qui leur est réservé. Aucune prise ne se place au-dessus de l'évier ni de la plaque de cuisson.

S'y ajoutent les circuits spécialisés : la plaque de cuisson en 6 mm² sur un disjoncteur 32 A, raccordée par une sortie de câble, puis le four, le lave-vaisselle et le lave-linge, chacun sur son circuit en 2,5 mm² protégé en 20 A. Un circuit dédié au congélateur, placé sur un différentiel différent de celui des prises, évite de retrouver son contenu décongelé après un déclenchement en votre absence.

Salle de bain

La salle de bain est découpée en volumes autour de la baignoire ou de la douche. Les volumes 0 et 1 n'admettent que du matériel en très basse tension de sécurité, et le volume 2 s'étend sur 60 cm autour du volume 1. Les prises de courant se placent hors volumes, à l'exception de la prise rasoir équipée d'un transformateur de séparation. Nous détaillons les règles propres à chaque volume de la salle de bain dans un article dédié.

N'oubliez pas la liaison équipotentielle supplémentaire, qui relie à la terre les canalisations métalliques et les éléments conducteurs de la pièce. C'est l'un des points que le contrôleur vérifie systématiquement.

Garage, extérieur et dépendances

Le garage et les pièces de plus de 4 m² reçoivent au moins une prise. À l'extérieur, choisissez des prises et des luminaires étanches, IP44 au minimum, sur un circuit distinct protégé par un différentiel 30 mA : vous pourrez couper le jardin sans plonger la maison dans le noir. Pour un atelier ou une dépendance éloignée, un tableau divisionnaire alimenté depuis le tableau principal simplifie la distribution.

Tableau électrique et gaine technique logement (GTL)

Nombre de rangées et de disjoncteurs

Comptez les modules : un disjoncteur phase et neutre occupe un module de 18 mm, un interrupteur différentiel en occupe deux, le contacteur jour et nuit un, le parafoudre un à deux selon les modèles. Avec 20 circuits, trois différentiels et les accessoires, on arrive vite à une trentaine de modules. La norme impose de laisser 20 % d'emplacements libres : il vous faut donc 36 modules au minimum, soit un tableau de 3 rangées de 13 modules plein à ras bord. Un tableau de 4 rangées laisse de la place pour les évolutions.

Les tableaux pré-équipés, livrés avec différentiels, disjoncteurs et peignes de raccordement, font gagner beaucoup de temps de câblage. Vérifiez simplement que leur composition correspond à votre plan de circuits.

Nombre d'interrupteurs différentiels : type A ou AC

Tous les circuits sont protégés par un interrupteur différentiel 30 mA, avec 8 circuits au maximum par différentiel. La norme demande au moins deux différentiels par logement, dont un au minimum de type A. Ce type A protège la plaque de cuisson et le lave-linge, dont l'électronique peut générer des défauts que le type AC ne détecte pas. Les pompes à chaleur, les climatisations monophasées à variateur et la recharge d'un véhicule sur prise renforcée relèvent du type F.

Pour une maison de 100 m², la configuration courante réunit trois différentiels de 40 A : deux de type AC et un de type A. Répartissez les circuits intelligemment : l'éclairage d'une zone et les prises de cette même zone sur deux différentiels différents, pour garder de la lumière si les prises déclenchent.

GTL : dimensions et contenu

La gaine technique logement regroupe en un seul emplacement le tableau de répartition, le disjoncteur de branchement quand il est à l'intérieur, le coffret de communication et l'arrivée de la terre. Elle est obligatoire dans le neuf et en rénovation totale. Elle mesure 60 cm de large et court du sol au plafond, avec les organes de commande placés entre 0,90 m et 1,30 m du sol. Installez-la près de l'entrée, jamais dans une salle d'eau.

Liste du matériel électrique pour une maison de 100 m²

Câbles et fils électriques : sections et longueurs

Trois solutions coexistent sur un chantier de rénovation :

  • Les fils H07V, tirés dans une gaine ICTA après la pose : économiques, mais le tirage prend du temps.
  • La gaine ICTA préfilée, livrée avec ses conducteurs déjà en place : un peu plus chère au mètre, beaucoup plus rapide à poser.
  • Le câble rigide U-1000 R2V, pour les passages apparents sous goulotte, les vides de construction et les liaisons enterrées sous fourreau.

Pour 100 m², prévoyez 200 à 250 m en 1,5 mm², 150 à 250 m en 2,5 mm² et 10 à 20 m en 6 mm². Ajoutez un conducteur de terre de 16 mm² entre la prise de terre et la barrette du tableau, 60 à 100 m de câble RJ45 de catégorie 6, et un conducteur supplémentaire de fil pilote si vos radiateurs doivent être programmés. Mesurez chaque circuit sur votre plan, du tableau au dernier point, et ajoutez 10 à 15 % pour les montées, les descentes et les raccordements.

Respectez les couleurs : bleu pour le neutre, vert et jaune pour la terre, rouge, marron ou noir pour la phase. Le contrôleur ne transige pas sur ce point.

Gaines ICTA, conduits et boîtes d'encastrement

Le diamètre de la gaine suit la section des conducteurs : 16 mm pour du 1,5 mm², 20 mm pour du 2,5 mm², 25 mm pour du 6 mm². Pour les boîtes d'encastrement, le standard est de 67 mm de diamètre, en 40 mm de profondeur, et en 50 mm là où plusieurs câbles se rejoignent. Choisissez des boîtes pour cloison creuse dans le placo et des boîtes à sceller dans la maçonnerie.

Chaque point lumineux reçoit une boîte DCL et sa douille. Comptez 70 à 90 boîtes pour la maison, et prévoyez une réserve de bornes de connexion automatiques, bien plus fiables que les anciens dominos.

Prises, interrupteurs et points lumineux

Pour 100 m², la commande type réunit 35 à 40 prises 16 A, 20 à 25 interrupteurs, 16 à 20 points lumineux, 4 à 6 prises RJ45, une sortie de câble 32 A pour la plaque et une sortie de câble par radiateur. Utilisez des va-et-vient dans les couloirs et les pièces à deux accès, et des boutons poussoirs associés à un télérupteur dès qu'un point lumineux se commande depuis trois endroits ou plus.

Restez sur une même gamme d'appareillage dans toute la maison : les plaques et les mécanismes se remplacent plus facilement, et l'ensemble garde une cohérence visuelle. Chez les distributeurs spécialisés comme 123elec, qui vend en ligne aux particuliers comme aux électriciens, les gammes des grands fabricants côtoient IKEPE, sa marque de distribution exclusive, dont les produits sont garantis cinq ans.

Outillage de l'électricien

  • Un vérificateur d'absence de tension (VAT) : le tournevis testeur ne garantit pas l'absence de courant.
  • Des tournevis isolés 1 000 V, plats et cruciformes.
  • Une pince à dénuder, de préférence automatique, et une pince coupante.
  • Un tire-fil pour passer les conducteurs dans les gaines.
  • Une perceuse et une scie cloche de 68 mm pour les boîtes d'encastrement.
  • Une rainureuse avec aspiration pour les saignées dans la maçonnerie.
  • Un multimètre, et un contrôleur d'installation en location pour la mesure de terre finale.

Refaire l'électricité sans casser les murs

C'est la question qui inquiète le plus quand on vit dans la maison. Plusieurs techniques permettent de limiter la casse, et on les combine souvent sur un même chantier.

Saignées et installation encastrée

Dans les cloisons en plaques de plâtre, les gaines passent dans le vide de la cloison, sans saignée : quelques trous au niveau des boîtes suffisent, avec un tire-fil. Dans les murs maçonnés, la rainureuse ouvre des saignées verticales ou horizontales, jamais en diagonale, pour que le tracé des câbles reste prévisible. Limitez la profondeur, surtout sur un mur porteur.

Le passage le plus efficace reste souvent le grenier ou le vide sanitaire : les gaines descendent du plafond ou remontent du plancher directement jusqu'aux boîtes, sans ouvrir le mur sur toute sa hauteur.

Goulottes, moulures et plinthes électriques

La pose apparente évite toute saignée. Les goulottes et les moulures en PVC suivent les plafonds et les huisseries, les plinthes techniques remplacent les plinthes existantes et distribuent les prises au ras du sol. La finition est moins discrète, mais le chantier avance deux fois plus vite, et c'est la pose que les électriciens facturent le moins cher.

Lorsque les murs d'une pièce sont entièrement ouverts, en doublage ou en rénovation lourde, la pieuvre électrique fait gagner du temps : ce faisceau de gaines préfilées part d'un même point et dessert toute la pièce. Elle convient mal à une maison habitée où l'on veut garder les cloisons en place.

Étapes pour refaire l'électricité d'une maison

  1. Dessiner le plan et arrêter la liste des circuits.
  2. Commander le matériel, en vérifiant sections, calibres et types de différentiels.
  3. Installer une alimentation provisoire.
  4. Déposer l'ancienne installation, pièce par pièce.
  5. Ouvrir les saignées et les passages.
  6. Poser les boîtes et les gaines.
  7. Tirer les conducteurs.
  8. Monter et câbler le tableau.
  9. Raccorder l'appareillage.
  10. Contrôler l'installation, puis faire viser l'attestation du Consuel si elle est exigée.

Alimentation provisoire : vivre dans la maison pendant les travaux

Un coffret de chantier équipé d'un différentiel 30 mA et de quelques prises permet de garder le réfrigérateur, un éclairage et l'outillage pendant la dépose. La méthode la plus confortable consiste à poser le nouveau tableau à côté de l'ancien, puis à basculer les circuits un par un à mesure que les pièces sont terminées. Chaque raccordement au tableau se fait hors tension, disjoncteur de branchement coupé et absence de tension vérifiée au VAT.

Tirer les câbles, raccorder, tester

Avant la mise en service, contrôlez la continuité des conducteurs de terre jusqu'à chaque prise, vérifiez le serrage des bornes au tableau et testez chaque différentiel avec son bouton. Mesurez enfin la résistance de la prise de terre : en habitation, une valeur inférieure à 100 ohms est la référence retenue. Au-delà, la prise de terre est à reprendre avant toute demande d'attestation.

Durée des travaux de rénovation électrique

Un électricien compte deux à trois semaines pour une maison de 100 à 150 m², selon les grilles publiées par les plateformes de devis. Seul et le week-end, le même chantier s'étale sur plusieurs mois. La dépose, les saignées et le rebouchage prennent souvent plus de temps que le câblage lui-même.

Prix pour refaire l'électricité d'une maison de 100 m²

Budget matériel seul

Poste Fourchette indicative
Tableau équipé (différentiels, disjoncteurs, contacteur, peignes) 400 à 900 €
GTL et coffret de communication 200 à 500 €
Câbles, gaines préfilées, terre et RJ45 600 à 1 000 €
Boîtes, DCL et connexions 200 à 350 €
Appareillage (prises, interrupteurs, RJ45) 300 à 1 500 €
Total 1 700 à 4 250 € environ

Ces fourchettes excluent les luminaires, les radiateurs et l'outillage. La gamme d'appareillage explique l'essentiel de l'écart entre le bas et le haut de la fourchette, et le prix des câbles suit le cours du cuivre.

Prix d'un électricien au m²

Les plateformes de devis situent une rénovation électrique complète entre 100 et 200 € du m², matériel compris. La pose apparente se trouve en bas de la fourchette, la pose entièrement encastrée en haut. Pour 100 m², le budget se situe donc entre 10 000 et 20 000 € environ. Le matériel ne représentant qu'une fraction de ce montant, la main-d'œuvre constitue l'essentiel de l'économie quand on fait soi-même.

Aides financières pour la rénovation électrique

La TVA à taux réduit de 10 %, applicable aux travaux d'amélioration dans un logement de plus de deux ans, ne concerne que les travaux facturés par une entreprise, fournitures comprises. Le matériel que vous achetez pour le poser vous-même reste à 20 %.

Les aides de l'Anah destinées aux logements dégradés peuvent intégrer la remise en état de l'électricité, sous conditions de ressources et à condition que les travaux soient réalisés par des professionnels. MaPrimeRénov' vise la rénovation énergétique : une rénovation électrique seule n'y ouvre pas droit. Renseignez-vous aussi auprès de votre commune ou de votre caisse de retraite, qui financent parfois la mise en sécurité d'un logement. Dans tous les cas, faites le calcul : l'aide éventuelle compense rarement l'économie de main-d'œuvre d'un chantier mené soi-même.

Prévoir la recharge de voiture électrique et les futurs équipements

Refaire toute l'électricité est le seul moment où les ajouts ne coûtent presque rien. Une gaine vide posée aujourd'hui vous évite une saignée dans dix ans.

Ligne dédiée pour la borne ou la prise renforcée

Chaque point de recharge dispose de son propre circuit. Pour une prise renforcée, le circuit est protégé par un disjoncteur 20 A et un différentiel 30 mA de type F. Une borne murale demande un différentiel de type A ou F associé à une détection des courants continus, souvent intégrée à la borne. Au-delà de 3,7 kW, la pose doit être confiée à un installateur qualifié IRVE. Même sans véhicule électrique aujourd'hui, tirez une gaine de section suffisante entre le tableau et le garage.

Fourreaux en attente : VMC, chauffage, domotique

Laissez des gaines vides, avec leur tire-fil, vers les combles, le garage, le jardin et l'emplacement d'une future pompe à chaleur. Prévoyez le fil pilote jusqu'à chaque radiateur, pour pouvoir piloter le chauffage avec un thermostat connecté sur fil pilote. Réservez enfin le circuit de la VMC et pensez aux entrées d'air hygroréglables dans les pièces sèches, puisque la ventilation fonctionne en circuit avec elles.

Questions fréquentes sur la rénovation électrique d'une maison

Quel budget pour refaire l'électricité d'une maison ?

Confiée à un électricien, une rénovation complète coûte entre 100 et 200 € du m² selon les plateformes de devis, soit 10 000 à 20 000 € pour 100 m². Si vous faites les travaux vous-même, le budget matériel se situe autour de 1 700 à 4 250 €, hors luminaires, radiateurs et outillage.

Peut-on faire soi-même son tableau électrique ?

Oui. Un particulier peut monter et câbler son tableau, à condition de respecter la NF C 15-100 : 8 circuits au maximum par différentiel, au moins un différentiel de type A, 20 % d'emplacements libres. Un tableau pré-équipé simplifie le travail. En rénovation totale avec coupure du réseau, l'attestation du Consuel reste obligatoire.

Combien de temps faut-il pour refaire l'électricité d'une maison ?

Un électricien compte deux à trois semaines pour une maison de 100 à 150 m². En autonomie, le week-end, prévoyez plusieurs mois. La durée dépend surtout de la dépose, des saignées et des finitions, qui prennent souvent plus de temps que le câblage des circuits et du tableau.

Peut-on vendre une maison dont l'électricité n'est pas aux normes ?

Oui. Aucune obligation de travaux ne pèse sur le vendeur, mais un diagnostic électrique doit être annexé à la promesse de vente lorsque l'installation a plus de 15 ans. L'acheteur connaît donc les anomalies avant de signer, et elles pèsent en général dans la négociation du prix.

Le diagnostic électrique est-il obligatoire ?

Il l'est pour la vente ou la location d'un logement dont l'installation électrique a plus de 15 ans. Réalisé par un diagnostiqueur certifié, il reste valable trois ans pour une vente et six ans pour une location. Il signale les anomalies sans imposer de travaux, mais il constitue une bonne base avant une rénovation.

Combien coûte la rénovation électrique d'une maison des années 70 ?

Les prix au m² sont les mêmes que pour toute rénovation complète, mais ces maisons se situent souvent dans le haut de la fourchette. L'absence de terre, le faible nombre de circuits et des conducteurs encastrés sans conduit imposent en général de tout reprendre, avec davantage de saignées et de rebouchage.